Résultats marche test

 

 4 Jours de marche pour 70 kilomètres, 20 sacs poubelle mais seulement 19 récupérés (l’un d’eux a sûrement été jeté par une âme bienveillante) pour environ 140 kg de déchets ramassés sur le bord des routes. Voici le résultat de la marche test durant laquelle j’aurai marché le long de routes particulièrement touchées par les mauvaises habitudes des consommateurs.

Cette marche a démontré qu’il y a bien de tout et n’importe quoi le long de nos axes de communication et ce en grande quantité. Je n’ai cessé de faire l’essuie-glace avec ma pince à ramasser et ai fait de mon mieux pour nettoyer tout ça. Parmi les favoris des pollueurs on retrouve les paquets de cigarettes et les mégots ainsi que les canettes de bières et de soda. Les bouteilles en plastique font partie des incontournables mais avaient moins mes faveurs car elles remplissaient ma poubelle bien trop rapidement en emprisonnant beaucoup d’air.

Malgré tous mes efforts, le nombre des déchets présents sur le bas-côté est tellement considérable qu’il est difficile d’évaluer l’utilité réelle de cette marche. En effet, je ne pense pas avoir pu ramasser plus de 1 à 2 % de tout ce que j’ai vu et ce qui reste caché mais c’est déjà ça !

Pas d’affolements, tout ce qui a été ramassé n’a pas été simplement jeté à la poubelle. L’intégralité des 6570 déchets collectés ont été soigneusement triés, comptabilisés, jetés ou encore réutilisés. La démarche fut un peu longue mais très intéressante ; des entrailles de nos poubelles sont enfin sortis des chiffres qui sont traités à la fin de la marche.

Pour parvenir à nos fins et découvrir ce qui se trouve dans nos poubelles, la première étape est bien évidemment de vider tout ça sur le sol, se mettre à quatre pattes et fouiner dans les déchets tel un enfant en quête d’un trésor. Certes on ressemblait plus à des rats au milieu d’un festin, mais le travail doit être fait. En amont, nous avions préparé de grands barils, des seaux, des gros et petits cartons pour recevoir les déchets par catégorie.

Un baril pour le verre, un autre pour le plastique, un pour les cartons, un pour l’aluminium et les aciers en tout genre et le plus glouton d’entre tous, celui du non classifiable qui partira de suite à la poubelle classique.

A côté de ces gros consommateurs de déchets en termes de volume, nous avions besoin d’un seau pour tous les mégots, un pour les bouchons (vous savez pour faire des petites boîtes), un carton pour les paquets de cigarettes, un coin pour les DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) et une caisse pour tous les déchets récupérables, et y’en a des chouettes ! Vous retrouverez toutes ces photos sur le Facebook de la Marche.

Nous passions donc nos soirées à trier gaiement tout ça, à transvaser d’un sac à un baril, d’un baril à une multitude de seaux, de seaux à un carton puis du carton à un sac poubelle. Chaque catégorie a été pesée, comptabilisée par type d’emballage et par marques.

 L’aluminium

Dans cette catégorie nous englobons toutes les canettes ainsi que les boîtes de conserves.

Nous avons sorti de nos routes l’équivalent d’1.5 kg de boîtes de conserves et environ 1300 canettes pour 27.75 kg. Toutes ces canettes seront revendues à une aciérie pour, dans un premier temps récupérer un peu d’argent afin de couvrir une petite partie des frais, mais également pour montrer la valeur de ces produits qui passent entre nos mains chaque jour et plafonnent tout de même à 800 euros la tonne…Une jolie aubaine pour les entreprises de recyclage !

 

Et 7.5 kg d’acier en tous genres sont partis dans la benne de la déchetterie la plus proche.

 
Ci-dessous le résultat du passage de la débroussailleuse qui, dans ses lames, déchiquette encore plus les déchets et multiplie considérablement leurs nombres.
Le verre

 La quasi-totalité des bouteilles de verre récupérées étaient des bouteilles de bières ou d’alcool.

Les 34.5 kg de verre ont été triés par couleurs. Celles affublées d’étiquettes en plastique ont été broyées dans ma bétonnière et incorporées dans du béton. Le verre étant la résultante de la combustion de la silice, ce dernier est donc totalement compatible en tant qu’agrégat.

 

Les autres bouteilles, dont nous avons pu enlever l’étiquette après un petit bain, sont utilisées pour fabriquer des briques de verre. Le principe est simple. Il suffit de couper deux culs de bouteilles (avec une scie à eau), les assembler et les scotcher avec un scotch étanche et votre brique est prête ! Elle servira à créer des cloisons qui laissent passer la lumière tout en l’égayant au gré des couleurs et motifs utilisés dans l’ouvrage. Une bonne façon de récupérer ses déchets pour construire de menus ouvrages voire même embellir toute s

 

a maison !

Ainsi aucun bout de verre n’est perdu, et même s’il ne retournera pas d

ans le 

 

cycle du tri, l’environnement n’aura pas à subir son processus de refonte très énergivore.

 

 

 

 

 

 

 

Le Plastique

 Quand nous parlons du plastique, nous ciblons seulement celui accepté par le recyclage communal. A Aix-en-Provence, aucune disposition n’est prise pour recycler les plastiques souples comme c’est le cas dans certaines communes test. Seules les bouteilles d’eau, de jus, de shampoing, de sauce et autres en plastiques durs sont acceptées. Nous avons récupéré les bouchons qui valaient la peine sur les 377 bouteilles ramassées, comptabilisé 27 boîtes de chewing-gum et recyclé 3 bidons d’huile encore un peu remplis.

Il est intéressant de voir à quelle vitesse le matériau plastique se désagrège et perd toute tenue après seulement quelques mois exposé au soleil et aux intempéries…d’une bouteille plastique qui représente un seul et unique déchet, on peut obtenir, par simple pression, des dizaines de déchets bien plus petits et quasi impossible à ramasser.

Les 11 kg ramassés ont été jetés dans les bennes de centre d’apport volontaire, en face de chez moi.

 Le carton

 Bien que léger car ne représentant que 3 kg dans cette récolte, le carton a une belle visibilité sur nos bords de route. Des emballages de fast-food aux cartons contenant les canettes de bière, ce matériau est présent partout et met un nom sur les producteurs de ces emballages et suremballages. Son cycle d’utilisation ultra court, à l’instar des suremballages plastiques, remet en question leur utilité dans le cycle de production.

Tous ces emballages cartonnés ou autres tetrabriques sont maintenant dans la benne de tri des emballages.

Cigarettes

 Au même titre que les bouteilles et canettes de bière, les paquets de cigarettes et la vingtaine de mégots qui en découlent logiquement sont des symboles forts des mauvaises pratiques des consommateurs.

Qu’ils soient jetés par reflex pour les mégots ou par bêtise pour les paquets, ceux-ci ont jalonné mon parcours avec une précision de métronome. 626 paquets de cigarettes, dont certains encore pleins, ainsi que 153 mégots ont été récupérés. Oui je comprends, il devrait y avoir 20 fois plus de mégots si on était un peu logiques, mais non. Il faut une sacrée dextérité pour attraper un petit mégot avec la pince (même si je m’en sors pas mal) et au niveau du volume de déchet il est tout de même préférable de sortir un paquet avec son carton, son plastique et son alu plutôt qu’un seul mégot. Cependant, si l’on considère qu’un mégot, avec ses 2500 produits chimiques, pollue environ 500 litres d’eau, considérons que cette marche a préservé 76.5 m3 d’eau, soit l’équivalent de la consommation en eau d’un foyer moyen. Sachant qu’avec tous ces mégots on ne remplit même pas 8 paquets de cigarettes et que chaque année se vendent 40 000 milliards de cigarettes dans le monde…

Non Classifiable

Tout le reste est parti dans cette poubelle, que ce soit les bouts de pneus, de rétroviseurs, le plastique souple, les nombreuses lingettes pour les mains, etc.

Tout cumulé, cette catégorie représente 53.7 kg de déchets!

 Réutilisable

 Dans une petite caisse nous avons sauvé tout ce qui pouvait l’être. Un tournevis qui nous aura bien servi pour réparer des ruches, d’anciens t-shirts et habits qui me serviront de torchons sur le chantier, un petit arrosoir, une carte de sympathisant Front National, 2 plats à tartes, des boulons, du stick à lèvre, une paire de chaussures en 47, une bouteille d’eau pleine, un téléphone ou encore une capote (dans son emballage bien sûr). Tout cela est conservé mais tout ne sera pas réutilisé, à moins d’en avoir vraiment envie !

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