Jour 8 – Ribiers – Laragne-Monteglin

Après une courte nuit dans la tente mise à disposition par nos hôtes nous reprenons notre nouveau train-train quotidien jusqu’au point d’arrivé de la veille. Une fois à la déchetterie je dois me motiver à marcher sur une route nationale sans ombre mais avec un bas-côté spacieux. Certains matins il est difficile de se lever en se disant qu’il faut ramasser les déchets des autres, mais bon c’est comme ça alors je relance la machine à marcher. Quelques dizaines de mètres après mon départ je m’aperçois qu’un terrain est dédié à l’étalement de déchets en tout genre qui seront ensuite recouverts de terre. Bizarre juste à côté d’une déchetterie, je me demande qui gère ce terrain qui n’a pas d’accès par la route.

Je continue sous un soleil qui commence à chauffer le bitume car le petit matin est déjà terminé et sa fraîcheur envolée, la marche de la journée débute à peine et le moral peine à décoller. Puis je vois un cycliste arrivant en face de moi avec ses petits bagages accrochés de part et d’autre de ses roues, la bannière du plat pays flottant au vent. Il semble interloqué par ce drôle de moyen de locomotion qu’est ma poubelle et vient à ma rencontre. Nous parlons pendant un petit moment de nos deux parcours, lui descendant de Bruxelles jusqu’en Provence puis retour Bruxelles et moi de mon aventure jusqu’à Paris. Il adore le principe de cette marche et me parle avec un grand sourire qui fait chaud au cœur. Il ira même jusqu’à me faire un petit don pour participer à l’effort. Nous parlons de Bruxelles que je connais bien et nous apercevons que nous sommes du même quartier, en gros nous habitions à quelques rues l’un de l’autre lors de mon passage chez les Compagnons du Devoir dans la capitale du royaume. Il m’invite à venir le voir quand je serai de retour là-haut pour continuer cette conversation qui doit maintenant s’arrêter, lui fera 100 km aujourd’hui, moi un peu moins de 20. Le soutien, si court soit-il, que m’a apporté ce personnage haut en couleur qui refuse de prendre une moto pour parcourir les routes à une allure plus naturelle, restera bénéfique pour les heures à venir. J’ai retrouvé le sourire et m’aperçois de nouveau à quel point il est agréable et remotivant de partager mon expérience avec des inconnus qui accueillent ce projet avec enthousiasme. Merci à toi Luc, tu m’as reboosté quand j’en avais besoin !

 

Je traverse le premier village de la journée, Ribiers, et y fais une halte fontaine, me rafraichis le visage, bois tout ce que je peux avant de faire le plein des bouteilles, me perce une ampoule et m’en vais quémander un croissant à l’épicière car j’ai un petit creux et pas grand-chose dans le sac. Il me reste encore pas mal de kilomètres à parcourir pour valider au moins les 15 km quotidien. Je traverse les grands vergers de la vallée et m’essaye à manger une pomme… ce n’est pas la saison ! Je m’arrête enfin à l’entrée des gorges de la Méouge et y prends une pause bien méritée, j’y cache mon premier sac de 4,75 kg plein de 347 déchets. Je vois que je suis situé sur une autre décharge sauvage recouverte de terre, à quelques dizaines de mètre de la Méouge… ça fait déjà deux aujourd’hui !

Après une nouvelle longue traversée en plein cagnard durant laquelle j’ai récupéré un bidon d’eau qui sera certainement très utile et un masque de monstre qui le sera moins, j’arrive à Laragne-Montéglin et m’en vais m’abriter à l’ombre du supermarché.

La marche est terminée pour aujourd’hui mais 10 minutes à peine après l’arrivée de Lola, nous suivons un journaliste du Dauphiné Libéré qui nous interviewera sur un parking ombragé pendant un long moment. Enfin de retour dans notre chez nous temporaire, nous allons nous baigner dans la Méouge pour y prendre un bain bien mérité. La journée fut épuisante, le sommeil me prend à 21h, je n’ai pas eu le temps d’écrire d’article aujourd’hui, mais comme je sais que vous êtes patients et indulgents, je me repose sur cette pensée pour donner le meilleur de moi-même demain.

 Bilan du jour : J’ai marché 16,6km et ramassé 600 déchets pour un poids total de 10,5 kg

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