Jour 6 – Les Mées – Peypin

Les pénitents des Mées

Il est 6h15, Lola me dépose au bord de la départementale qui rejoint Les Mées. Le trafic est faible mais quelques camions et voitures mal réveillées s’imaginent tous seuls sur la route et ont visiblement du mal à me voir. Je reste vigilant et utilise régulièrement ma ramassette soit pour les inviter à se décaler, soit pour les remercier soit pour leur montrer un certain mécontentement! La route est bien sale, la faucheuse est passée il y a peu et a bien mélangé tous ces détritus avec les herbes du bas-côté. Une belle salade composée qui n’est pas prête de se décomposer…

J’arrive aux Mées et continue ma route vers Malefougasse et Châteauneuf Val St Donat. Avant de prendre une pause bien méritée et de mettre mes pieds à l’air j’hésite à prendre un petit bain dans une baignoire qui traîne dans le fossé. Je dépose mon premier sac et m’attaque à la première montée du parcours. Une musique bien funkie qui passe à la radio me donne un peu d’entrain et me fait lever ma ramassette dans les airs quand bien même il n’y a rien à ramasser là-haut! Je continue à monter et coupe à travers champs pour gagner quelques mètres, je me retourne et vois une magnifique église isolée sur un petit surplomb rocailleux. Je profite du paysage et m’enfonce un peu plus dans la forêt sèche bordée de petits oliviers et remplie de petits chênes et canettes de bières. J’arrive alors à ce qui était déjà déterminé comme un point de repos: Le Moulin neuf des vieux rêves. Un très joli moulin construit il y a quelques années par un maçon du coin qui embellit superbement la petite route de campagne. Je décide d’y finir mes biscuits et entamer une micro sieste de 8 minutes, pas suffisante pour faire de vieux rêves mais qui me laisse un très bon souvenir à l’ombre de cette belle construction traditionnelle. Quoi de mieux pour un maçon ?!

Le soleil commence à chauffer et mes pieds me font mal car mes chaussures ne sont pas du tout adaptées à la marche. J’en achèterai de nouvelles plus tard mais pour l’instant il faut avancer. Je passe devant un centre d’apport volontaire et suis témoin une nouvelle fois de l’incivilité de gens qui ont déposé devant les conteneurs les probables restes d’un nettoyage de printemps du garage. Les cartons sont remplis de tout et rien n’est trié, les bidons d’huile sont encore pleins et les gravats se mélangent aux briques de jus…Je me dis que la déchetterie la plus proche doit être assez loin. Puis je vois arriver un homme dans un utilitaire blanc qui sort un carton de bouteilles pour les recycler. Il m’a l’air un peu bizarre et je vois de suite que son coffre est rempli de déchets qui n’auront rien à faire ici non plus. Je m’imagine qu’il va faire comme les autres et déposer tout ça à l’arrache devant les bennes. Je ne m’en occupe pas et continue ma tâche le long de la départementale. Je ramasse encore et encore puis croise de nouveau le chemin de ce brave homme quand il descend un chemin de campagne quasi abandonné qui mène à la colline…Son coffre est vide, il faudrait être bête pour ne pas comprendre. Celui qui me paraissait louche est bel et bien le connard que je m’imaginais. Il connaît le coin des décharges sauvages et en profite bien. C’est vrai, pourquoi s’embêter à rouler 5 km de plus quand on peut jeter tout ça dans un coin ou personne ne va. A notre retour avec Lola nous décidons de jeter un œil à ce chemin et mes doutes se confirment quand nous croisons de nombreux tas de déchets en tout genre bordant la voie cabossée. Une tristesse de plus alors que je me rassurais en ramassant de moins en moins de déchets depuis mon départ des grands axes.

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, sur 18 km parcourus je n’ai ramassé que 700 déchets quand j’en ramassais le double durant la marche test. Malheureusement des attitudes comme celle de cette personne là rajoutent considérablement à l’impact écologique local et me désolent un peu plus en voyant comme la fainéantise d’esprit amène inéluctablement à la dégradation de notre environnement. Refuser l’effort personnel c’est aussi refuser une cause globale, heureusement que les beaux discours sont toujours là pour nous donner bonne conscience. Amen et à demain!

 

Bilan du jour : J’ai marché 18 km et ramassé 700 déchets pour un total de 14,75 kg.

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