Jour 17 Pont-en-Royans – Chatte

La nuit fut fraîche, la nuit fut bonne. Je prends mon temps pour me préparer et partage ce nouveau départ avec Laurent et Clémentine, et bien sûr ma petite Lola qui me redonne le courage tous les matins par sa simple présence sur la grille de départ.

 

 

 

 

 

Je rejoins la départementale en direction de Saint Marcellin et reprends le rythme infernal du ramassage par la technique de l’essuie-glace. Je ramasse en marchant je marche en ramassant, la pause n’est plus obligatoire pour chaque déchet et seuls les plus sales auront droit à une seconde vie. Des gens s’arrêtent pour m’encourager puis c’est l’ennui. Les voies se rétrécissent, les bas-côtés disparaissent et je suis sans cesse sur le qui-vive lorsqu’une voiture arrive en face de moi. Je boirai malgré-tout un grand verre de Pulco citron offert par une gentille dame.

Je dépose un sac devant le portail d’une personne avec son consentement et marche en direction de Chatte. Une fois arrivé dans ce petit village je me fais quelques blagues intérieures pour me redonner le sourire mais cette journée est définitivement monotone et sale. Ayant parcouru 17,75 km, je me pose sur une aire de tri et attends Lola qui me récupère pour aller manger un peu plus loin en direction de Roybon. Nous nous imaginons déjà stoppé par un barrage de police avant d’arriver à la ZAD de Roybon comme ce fut le cas il y a de ça deux mois lors de notre premier repérage d’itinéraire. Il n’en est rien, nous en profitons même pour nous perdre et nous adonner à la technique de la marche arrière remorque. Lola se débrouille comme une Chef, nous arrivons à la ZAD.

Alors une ZAD qu’est-ce que c’est ? Si je vous dis Notre-Dame-des-Landes, Barrage de Sivens ou encore La plaine du Larzac, pour les plus sages d’entre nous, vous devriez situer le thème. ZAD veut dire Zone à Défendre et réunit les défenseurs de la nature qui s’installent sur une zone, généralement humide, pour la protéger de la destruction. Une fois contre un aéroport, une autre contre un barrage, un projet d’enfouissement nucléaire ou comme ici à Roybon contre la création d’un Center Parcs. Avec cette démarche d’occupation pacifiste les militants mènent la vie dure à ces projets destructifs en ralentissant les démarches et en créant une communauté autogérée qui restera jusqu’à la fin des négociations. Les ZAD sont des zones libres, ouvertes à toute personne désireuse de préserver l’environnement et les Zadistes débordent d’inventivité pour protéger, ici, les contours de ce qui doit être un futur centre de vacances, avec ses 150 cottages, ses routes et sa serre tropicale enfouie sous un grand dôme de verre. Pour l’instant tout va bien même si une partie de la zone a déjà vu le passage des coupeurs d’arbres et de quelques bulldozers. Nous sommes officiellement illégaux car occupant un terrain cédé aux constructeurs, donc zone privée. Alors, on part où on reste ?

 

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