Jour 1 – Puyricard – Peyrolles

Après plusieurs jours d’hésitation et de préparation le jour J est enfin arrivé ! Il est 9h15 et je viens de sortir la poubelle de mon jardin. J’ai mes sacs poubelles et ma ramassette, mon pantalon de chantier et ma veste réfléchissante, une pelle et une balayette, un marteau, un couteau, un cutter, mon panneau solaire, ma batterie et bien sûr de l’eau, un peu de quoi grignoter et un petit trail mix préparé par ma sœur (c’est un petit sachet avec plein de noix, d’amandes et de fruits secs). Mon sac pèse 8 kg, ma poubelle vide 10kg Je suis devant ma maison, entouré de mes parents, ma sœur et Lola. Je regarde ma sœur dans les yeux avec ce regard qui en dit long sur mon état d’esprit avant cette aventure. Je ne sais pas du tout dans quoi je viens de m’embarquer. Elle se posait la même question depuis quelques jours et ce matin, me voir avec cette poubelle et mon look d’employé municipal ne lui aura pas donné plus d’éléments pour répondre à cette question ! Allez, on rigole un bon coup et on se lance Toute la petite troupe m’accompagne jusqu’au panneau de sortie de Puyricard qui est à deux pas, pour me souhaiter bonne chance et prendre les premières photos de la marche. Pas le temps d’arriver au panneau que l’on tombe sur des morilles, elles feront largement l’affaire pour une bonne omelette.

Jour 01 (17)

Mon premier déchet !

Ca y est la marche commence, les déchets sont bel et bien là, sur ma gauche le premier détritus, un jeu à gratter « numéro fétiche », il sera le numéro 1 ! Les deuxième, troisième et quatrième déchets sont ramassés dans la même zone, les suivants s’accumuleront par centaines jusqu’à la fin de journée.
La poubelle roule bien, la pince à ramasser remplit sa tâche à merveille et le beau temps, qui m’accompagnera jusqu’à mon arrivée à Oraison, me rend la marche plus agréable. Ma sœur et Lola m’aident à ramasser sur les premières centaines de mètres et découvrent le premier tampon et les premières canettes de bières.

Jour 01 (3)

Une fois seul, je continue mon chemin en direction de Venelles et dépose mon premier sac chez un viticulteur du coin qui m’offre gentiment un rafraîchissement. Ma première récolte est à l’abri. Ce sac poubelle de 8kg contient 355 déchets, principalement des canettes aluminium, essentiellement de bière…Le viticulteur m’indique une zone particulièrement sale à quelques mètres de chez lui, où les gens viennent boire dans la forêt et laissent gentiment leurs canettes sur place. J’en ramasserai 40 en une minute. Je suis conforté dans l’idée que je ne pourrais jamais ramasser tout ce que je vois sur le bords des routes et dans les fossés tant la quantité est grande. Une fois arrivé à Venelles je reçois un premier signe de soutien, un « merci » lancé par la fenêtre d’un camion, clairement une des seules choses qui mérite de passer par la fenêtre d’un véhicule !! Cette attention m’a beaucoup marqué et m’a redonné du courage pour la suite de ma marche. Pour la pause de midi je me repose sur une zone en bordure de route, assez loin du vacarme des voitures et partage le repas avec mon père et Lola qui sont gentiment venus m’apporter de quoi manger. Sur le chemin du retour ils récupèrent les 2 sacs déjà remplis que nous gardons pour pouvoir monter l’étude

Arrivé à Meyrargues je vais voir les pompiers et leur demande de garder mon sac poubelle. Ils l’acceptent volontiers et m’offrent même un café. Bientôt à cours de sacs, je me dirige vers le supermarché le plus proche et parle au chef de magasin. Je lui explique mon projet, il me fera une belle réduction sur les 10 sacs de 160 litres. En sortant, je savais que je ne pourrais continuer sur la départementale pour rejoindre Peyrolles tant la route est dangereuse. C’est une longue ligne droite bordée de Platanes sur plusieurs kilomètres qui ne dispose pas de bas-côtés. Je me dirige donc vers le canal que je longerai jusqu’à la fin de journée. Je m’enfonce dans les broussailles et les orties et arrive devant une grande butte…y’a pas le choix il faut la monter pour se mettre à l’abri et profiter de la vue qui surplombe un magnifique paysage.Jour 01 (8)

Le chemin caillouteux du canal de Provence est très propre, je ne ramasse que quelques cartouches de chasse. Je croise énormément d’orchidées sauvages de Provence et respire à plein poumons les senteurs de ma région. Baigné d’odeurs de thym, de romarin et de plantes sauvages, je tire ma poubelle en me disant que la balade est très agréable. Les copains m’appellent et me soutiennent, ça fait plaisir !!

Jour 01 (9) Jour 01 (10)

Un avant-après d’environ 10 kg!

Je dépose mon 4ème sac chez Elio, une personne qui habite sur le chemin et qui accepte de le garder jusqu’à mon retour et m’offre deux grands verres d’eau fraîche. On papote un peu et je me remets en route. La fin de journée est proche mais il me reste encore quelques kilomètres avant d’atteindre le point d’arrivée que je me suis fixé. J’ai chaud, je pense que j’ai pris mon premier coup de soleil et mes chaussures me font assez mal, en témoignent mes nombreuses ampoules. Mais rien ne peut mettre à bas mon enthousiasme, je finis ma journée de marche avec 21 kilomètres dans les jambes et 55kg de déchets ramassés composés de 1761 détritus !!

Jour 01 (11)

Mon pote Mathieu passe me chercher avec son camion, récupère ma poubelle et mon dernier sac de 15.5kg (le plus gros de tous car plein de bouteilles de bière en verre) et me ramène chez lui. Il m’a invité à passer la première soirée de mon projet autour d’un bon repas avec sa compagne. La conversation fut excellente, la douche capitale et la nuit réparatrice ! Merci à lui et à tous les autres intervenants de ma première journée de marche. J’ai passé une très bonne journée, ce projet me plaît énormément et plaît tout court ! C’est bien là l’essentiel ! A demain !!
Jour 01 (12)

Bilan de la journée: 1761 déchets pour 55 kg sur 21 km

 

 

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